Yin Yoga versus Yoga dynamique

Ma découverte du YIN YOGA

Il y a deux ans et demi j’ai découvert le monde du Yin Yoga. Sensibilisée par mon travail en énergétique et par ma pratique personnelle en Techniques de libération émotionnelle, ce Yoga calme, méditatif et énergétique me parlait tout de suite. 

( Petite parenthèse historique: 

Ce style de Yoga a été développé dans les années ’70 par un maître Zen et Yogi, Paulie Zink aux Etats-Unis, diffusé par la suite à travers ses élèves Paul Grilley et Sarah Powers partout dans le monde. Grace à des inconditionnels amateurs de Yin Yoga comme Bernie Clark, formateur, auteur et Yogi expérimenté, nous avons accès à des informations scientifiquement fondées sur cette forme de yoga tellement bénéfique dans notre monde d’aujourd’hui toujours à 100 à l’heure avec un mental très actif et un corps raide.

Fin de parenthèse historique)

Cette forme de Yoga unit les bienfaits de deux courants philosophiques, l’un venu d’Inde et l’autre venu de Chine. 

A travers les postures de Yoga, souvent assis ou allongé, on travaille sur les fascias (ou tissus conjonctifs) qui se trouvent partout dans le corps et qui forment un maillage, un réseau interconnecté. Les tissus conjonctifs créent et maintiennent la trame de notre corps. Ils donnent sa structure, définissent sa forme, garantissent la liaison des différentes parties et fournissent la rigidité nécessaire pour tenir debout. 

Ce sont des tissus très denses et rigides qui, avec l’immobilité et avec l’âge, deviennent atrophiés et raides. 

(La première image montre des fibres de collagène dans un tendon en bon état – la deuxième image montre des fibres de collagènes atrophiés, le muscle est rapproché de l’os et des toxines se sont agglutinés dans les fibres)

C’est pourquoi tu n’arrives plus à lacer tes chaussures si tu restes assis toute la journée devant ton ordinateur pendant des années ou si tu penses que running et crossfit vont suffire pour que ton corps soit en forme. 

En les sollicitant avec des exercices d’étirements doux et prolongés, on stresse les tissus qui vont réagir par la création de nouvelles cellules et fibres. Les tissus conjonctifs sont des tissus vivants qui diffusent les informations à travers tout le corps via la substance fondamentale (en gros un liquide) qui forme avec le collagène et l’élastine la matrice extracellulaire de notre corps. 

Un système vivant en renouvellement perpétuel, si on le sollicite (use it or loose it!) 

Et les chinois dans tout ça…

Par ailleurs, et c’est là que les bons vieux chinois très sages entrent en jeu, en sollicitant les fascias, on stimule la circulation de l’énergie dans nos méridiens qui font partie, depuis des millénaires, de la médecine traditionnelle chinoise. Car les méridiens, ces canaux invisibles de transmission d’énergie et d’informations qui relient les organes avec le reste du corps, circulent par les couches des tissus conjonctifs pour rejoindre la surface (la peau) à des endroits spécifiques (points d’acupuncture). Des chercheurs coréens ont prouvé leur existence en 2013 (étude par ici).

On ressent extrêmement bien, même pour un novice en travail corporel, l’effet du rééquilibrage de notre système énergétique en sortant d’une posture de Yin Yoga. On éprouve un sentiment de calme et de plénitude.

Donc pour revenir à mon expérience personnelle, je me suis lancée corps et âme dans cette nouvelle forme de Yoga ce qui m’a permis d’apaiser mon mental et de trouver une vraie harmonie dans ma vie au quotidien.

Et puis…

Un jour,  en sortant bêtement d’une posture de cobra, c’est à dire en me roulant sur le dos (mouvement anodin en principe), ma rotule est sortie de son articulation. Bim. Comme ça. J’ai réussi à la faire revenir tout de suite, mais en dehors du fait que j’ai eu bien mal, j’ai eu un léger choc. 

Alors j’ai commencé à faire des recherches et je me suis vite aperçue que j’avais sur-étiré mes ligaments et tendons. En principe, pour une personne normalement constituée, ce n’est pas possible. Sauf que j’ai découvert que je n’étais pas normalement constituée, mais que j’avais des troubles du spectre de l’hypermobilité (ça sonne bizarre, je sais, mais c’est le terme exact). On peut aussi dire que je suis hyper-laxe. Oui, étant petite, j’étais la fille hyper-bizarre qui pouvait mettre sa jambe derrière la tête, tordre ses doigts dans tous les sens ou faire des contorsions impossibles. 

Hyperlaxe et non hyperflexible

Il faut dire que dans le monde du yoga, l’hypermobilité est largement vénérée et recherchée et que pour avoir des likes, je pense qu’il y a pas mal de yogis out there qui vont toujours trop loin dans leurs postures et qui, à force, souffrent de blessures ou abîment leur corps. Cela dit, l’hypermobilité n’est pas égale l’hyperflexibilité. Tu peux être hyperlaxe mais avoir d’autres partie du corps qui sont hyper-raides. Car ton corps essaie de se débrouiller pour contrer le déséquilibre dans ta posture généré par ta faiblesse articulaire et souvent musculaire. Le corps cherche à compenser un déséquilibre. C’est pourquoi pas mal de personnes hyper-laxes ont des harmstrings (ischio-jambiers) super raides. (MOi!!!)

En plus, ce syndrome d’hypermobilité (qui est un défaut dans la structure de collagène – génétique) entraîne d’autres symptômes, comme une mauvaise perception de son propre corps et de l’espace (je me cogne partout et je tombe n’importe où) un tonus musculaire faible (bcp de mal à développer une force musculaire) et des articulations qui craquent, se déplacent et sont instables. Souvent la posture est pauvre avec une surextension naturelle des coudes et des genoux et une lordose accentuée. 

(Si tu te sens concerné, je te conseille de faire un tour ici et de faire déjà le Beighton test).

Donc, moi adepte inconditionnelle du Yin Yoga, j’étais forcée à constater que étirer et relâcher n’était pas suffisant dans ma pratique, même si je me sens si bien et si à l’aise dans ces postures. (Pour moi, relâcher dans une pigeon pose est du pur bonheur, même pendant 10 bonnes minutes.) Dans ma pratique personnelle aujourd’hui je me concentre surtout à développer ma force musculaire en alternant le Yoga plus dynamique avec des exercices de gainage et d’haltères. Je continue à pratiquer le Yin Yoga, mais je fais attention de ne pas aller jusqu’au bout de mes capacités, d’utiliser des blocs ou des coussins pour soutenir mes ligaments et tendons éprouvés et de mettre mon égo de coté qui, lui aussi, aime les likes sur Instagram quand je poste des postures fancy. 

Alors qu’est-ce que cela a changé dans mon approche en tant que prof de Yoga 

Mes cours ont évolué depuis. 

Car j’ai fait le constat suivant: Les élèves qui viennent dans mes cours cherchent bien sûr une certaine détente et un relâchement physique et mental. Avec notre train de vie aujourd’hui, qui n’a pas besoin d’apaisement. Mais je vois aussi, et c’est là où ma conscience professionnelle entre en jeu, que mes élèves ont des problèmes de dos, de raideur, de posture, dus à un tonus musculaire trop faible et à une conscience corporelle pas assez développée. Ils ont besoin de tonifier, de renforcer, d’expérimenter les limites de leur schéma corporel et en même temps leur corps a besoin d’être étiré et libéré. En plus, surtout dans le Yoga, on retrouve assez souvent des personnes naturellement laxes, donc souvent hyperlaxes. D’où la nécessité de travailler sur la tonicité et de rester vigilants en ce qui concerne d’aller jusqu’au bout dans les postures de Yin Yoga.

Conclusion

C’est comme tout dans la vie, il faut de l’équilibre. Et il faut s’écouter. C’est toi qui habites ton corps, c’est toi qui pilotes l’avion. Je peux proposer, expliquer, guider, mais c’est toi qui dois savoir et sentir si cela est bon pour toi ou pas.

Comme disait Paul Grilley dans son premier livre sur le Yin Yoga: Never is never right and always is always wrong.

Comme plus est bien, toujours plus peut être destructeur. 

Trouver la bonne pratique pour soi, pour son corps, pour sa morphologie et sa phase de vie est un équilibre personnel à trouver. Ecouter son corps, comprendre ce qu’il a à te dire et lui donner ce dont il a besoin. 

Faire preuve de bienveillance, d’une once de douceur et de souplesse peut être bénéfique. Tout comme sortir de sa zone de confort, surmonter ses réticences et montrer perséverance et discipline sont des démarches nécessaires à d’autres moments. 

Il faut de tout pour faire un monde, il faut de tout pour faire une vie.

With love

Namaste

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